Mi nueva vida

Aquí estan publicados varios articulos, textos , mensajes, emails, notas,etc que en mayor o menor proporción , me han llamado la atención en relacion con mi nueva aventura de la inmigracion que se inicia oficialmente el próximo 30 de Julio / 05, fecha estimada del viaje a Montreal, Canada.

Monday, July 11, 2005

Les portes closes des ordres professionnels

http://www.ledevoir.com/2004/05/19/54891.html


( Jean-Paul Michon Montreal Édition du mercredi 19 mai 2004 )

Depuis quelque temps, le problème des immigrants diplômés exclus de la société refait surface au Québec. Surtout depuis l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement. La plupart de ces immigrants avaient l'espoir que cette injustice soit prise en charge par une nouvelle politique plus équitable. Souvent, les ordres professionnels construisent un véritable "rideau de fer" réglementaire pour faire barrage à cette arrivée d'étrangers qui viennent prendre le job des gens d'ici. Mais même quand quelques-uns parviennent à franchir ce mur, il arrive que des méthodes moins propres soient utilisées pour les écarter. [...]


J'étais architecte en France, membre de l'Ordre des architectes là-bas, quand j'ai rencontré une jeune architecte québécoise fraîchement débarquée de Montréal qui n'avait eu qu'à payer sa cotisation au bureau de l'ordre local du Poitou pour exercer ses talents en France. J'avais depuis longtemps le goût de me rendre au Québec pour mieux connaître ce beau pays. Jamais je n'aurais imaginé ne pas avoir la même réciprocité que cette jeune Québécoise en arrivant à Montréal.


J'avais étudié l'architecture à Nantes, puis je m'étais spécialisé en faisant un 3e cycle en architecture solaire et efficacité énergétique à l'unité pédagogique d'architecture de Grenoble. Au cours de cette formation, j'avais développé un logiciel de conception solaire assistée par ordinateur (les apports solaires sur une serre fictive accolée à une habitation), afin de maximiser la configuration de la serre pour les besoins énergétiques de la maison. Le Québec représentait une région du globe idéale pour développer l'architecture solaire, les deux conditions nécessaires y étant réunies : un bon ensoleillement et un grand besoin énergétique en chauffage.


C'est ainsi que j'ai fait un premier voyage en 1986 et que je suis tombé tout de suite amoureux de la "Belle Province". Malgré une situation très satisfaisante en France, nous avons décidé, mon épouse de l'époque, moi et nos quatre enfants, de tenter l'aventure québécoise. Nous avons mis le pied en sol canadien en août 1987 avec nos visas d'immigrants reçus en poche. Les difficultés ont commencé quand j'ai franchi le seuil des locaux de l'Ordre des architectes à Montréal. J'y ai été accueilli comme un chien dans un jeu de quilles. J'ai très vite compris que l'architecture était une chasse gardée pour les Québécois, le but de l'ordre n'étant pas de protéger l'architecture mais les architectes locaux.


Je vous épargnerai la description des tracasseries administratives et les milliers de dollars que cela coûte pour constituer un dossier. Il y a aussi l'obligation de retourner sur les bancs de l'école d'architecture pour apprendre à planter un clou, car, au Québec, on construit en bois. Le fait que j'avais suivi une formation en France chez les "Compagnons du devoir" ne les intéressait absolument pas. Seul le professeur du cours de thermique du bâtiment à l'Université de Montréal a eu un peu de compassion pour moi en me disant que, vu ma formation, j'aurai pu enseigner à sa place. L'obligation pour un père de famille de quatre enfants de faire un stage non rémunéré d'un an dans un bureau d'architecte vous mène tout droit au divorce.


Se résigner

Mais le plus dur m'attendait quand, huit ans après avoir foulé le sol québécois, j'ai réussi à être accepté pour passer l'examen de l'ordre en juin 1995. J'ai eu tout le temps qu'il fallait pour me préparer convenablement, comme vous pouvez l'imaginer. J'ai passé les épreuves sans difficulté. Toutefois, quelle surprise en recevant les résultats. J'ai été recalé avec 55,58 %, alors que la note de passage était de 60 %.


J'ai demandé une nouvelle correction. Elle a été acceptée et j'ai été convoqué avec une dizaine de confrères dans les sous-sols du bâtiment de l'ordre, sur le boulevard René-Lévesque à Montréal. Bien que l'examinateur n'ait rien trouvé à redire aux plans que j'avais dessinés pour cet examen, celui-ci m'a confirmé verbalement qu'il avait reçu l'ordre d'apporter une réponse négative à cette deuxième correction.


Tombé de haut, mis face à cette réalité que je ne pourrais jamais porter le titre d'architecte au Québec, je me suis fait voler mon dossier de plans sous mes yeux dans le local de l'ordre, cinq minutes après cette pseudo-correction. Et la registraire de me répondre : "J'ai d'autres choses à faire que de surveiller vos documents."


Elle me confirmera quelques jours plus tard que, de toute façon, l'ordre avait déjà du mal à trouver du travail pour les architectes québécois. [...] Que voulez-vous qu'un immigrant seul, démuni et découragé fasse, face à un système aussi impénétrable ? Non, nous ne sommes pas tous égaux devant la loi. [...] Depuis, j'ai abandonné tout espoir de pouvoir pratiquer cette profession au Québec. Je me suis résigné à ne pas me faire appeler architecte. Je travaille comme dessinateur, chargé de projets dans un bureau d'architecte pour une vingtaine de dollars l'heure.


Mon fils aîné, qui a 23 ans, est membre junior de l'Ordre des ingénieurs en mécanique du Québec. Il a fait ses études d'ingénieur à l'école militaire de Kingston. Il est présentement à Kaboul comme officier de l'armée canadienne pour protéger nos concitoyens. Quel contraste de carrière avec son père, qui a été traité comme un paria au Québec. Aujourd'hui, je suis remarié à une Québécoise qui me rend heureux et qui vient de me donner un nouveau fils, et nous vivons en paix. Mais chaque fois que se rouvre cette plaie liée à l'Ordre des architectes, cela me fait toujours aussi mal.

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